mardi 14 novembre 2017

16 novembre - Appel à une journée d'action contre les lois anti-sociales


Communiqué de la Fédération Anarchiste lors de son 76e congrès

La Fédération anarchiste, réunie en son 76e congres à Paris les 11 et 12 novembre 2017, a débattu de la situation politique et sociale
et des enjeux de la lutte des classes.

L’Etat « macroniste » se radicalise et accèlere le programme capitaliste mené par Gattaz, l’OCDE, le FMI et consorts, dans la continuité des gouvernements précédents.
Le capitalisme ne connait pas de frontières et la lutte pour l’émancipation doit également s’affranchir des Etats et étendre le combat révolutionnaire à l’échelle mondiale. C’est pourquoi nous développons l’Internationale des Fédérations anarchistes.
Le mouvement social et syndical peine à construire un rapport de forces et la convergence des luttes.
La strategie de mobilisation dans la rue ne remplace pas le blocage économique. Seule la grève générale reconductible peut menacer les profits et ouvrir ainsi une perspective révolutionnaire.
La Fédeération anarchiste est engagée dans ce mouvement social et syndical qui doit assumer et affirmer sa légitimité politique et opposer un projet de société en rupture avec le modèle capitaliste et du chacun-pour-soi qu’on nous impose.
La Fédération anarchiste participera de toutes ses forces au mouvement social et s’opposera a toute tentative de tutelle politique y compris celle de Mélenchon qui crée la division en portant la lutte sur le terrain parlementaire.
Notre rôle est de preserver le mouvement social de toute contamination politicienne et élèctorale.
La Charte d’Amiens demeure pertinente aujourd’hui ; malgré ses imperfections et ses limites, elle reste à nos yeux un outil nécessaire affirmant les principes de l’action syndicale :

L’amélioration continue et immédiate des conditions de travail et la transformation sociale ;
L’indépendance par rapport aux partis et a l’Etat ;
La construction de la grève générale expropriatrice et autogestionnaire qui abolira le salariat.

Notre mouvement doit également diffuser des pratiques d’auto-organisation et d’action directe. La propagande par l’exemple et les alternatives en actes sont à même de développer des pratiques en rupture avec le consumérisme et la délégation.
Les religions ont toujours été l’outil des puissants, du patriarcat et du militarisme. Au côté du Capital, elles incitent à la résignation et à l’ignorance. La Fédération anarchiste revendique haut et fort « Ni dieu ni maitre ». L’émancipation de l’humanite nécessite une lutte radicale et définitive avec l’idée de dieu.
La Fédération anarchiste appelle les individus et les groupes attachés à l’émancipation sociale a s’organiser et à oeuvrer pour une société fédéraliste libertaire et autogestionnaire, pour un monde débarrassé des classes, des religions et des Etats et toutes les dominations.

Paris, le 12 novembre 2017

ifa(A)federation-anarchiste.org

jeudi 2 novembre 2017

Vous avez aimé l'état d'urgence, vous allez adorez les nouvelles lois "anti-terrorsites"


Communiqué commun de la CNT, de la CGT et de Solidaridad obrera sur la situation en Catalogne

30 octobre 2017
Les organisations signataires, agissant sur le territoire national, partagent une même inquiétude quant à la situation en Catalogne, la répression opérée par l’État, la perte de droits et de libertés que cela suppose et va supposer, et la montée d’un nationalisme rance qui apparaît à nouveau dans une grande partie de l’État.
Nous défendons l’émancipation, en Catalogne et dans le monde entier, de toutes les personnes qui travaillent. Dans ce contexte, peut-être est-il nécessaire de rappeler que nous ne comprenons pas le droit à l’autodétermination comme l’entendent les partis et les organisations nationalistes, mais comme le droit à l’autogestion, pour notre classe, sur un territoire déterminé.
Comprise de cette manière, l’autodétermination passe davantage par le contrôle de la production et de la consommation par les travailleurs et les travailleuses, et par une démocratie directe de bas en haut, organisée selon les principes fédéralistes, que par l’établissement d’une nouvelle frontière ou la création d’un nouvel État.
En tant qu’internationalistes, nous pensons que la solidarité entre travailleurs ne doit pas être limitée aux frontières d’un État, raison pour laquelle il nous importe peu de savoir où ces frontières se situent. Ce qui nous paraît vraiment préoccupant, c’est la réaction vécue dans le reste de l’État, avec l’exaltation d’un « espagnolisme » rance, qui rappelle des temps passés, encouragé par les médias et en phase avec la dérive autoritaire du gouvernement, patente depuis l’emprisonnement de personnes ayant appelé à des actes de désobéissance ou avec l’application de l’article 155 de la Constitution. Il ne nous échappe pas que cette poussée nationaliste pose les bases pour de prochaines limitations de droits et de libertés, contre lesquelles nous devons nous prémunir. La honteuse unité des prétendues « forces démocratiques » dans la justification de la répression annonce un sombre panorama pour toutes les futures dissidences. Il semblerait que le régime post-franquiste qui nous gouverne depuis quarante ans resserre les rangs pour assurer sa continuité.
Ce régime, qui a existé et qui existe encore, tant en Catalogne que dans le reste de l’État espagnol, sent que sa propre survie est en jeu. Grandement remis en question et soumis à une profonde crise de légitimité, il observe avec inquiétude l’accumulation des fronts de lutte ouverts. La menace sur l’intégrité territoriale de l’État s’ajoute aux scandales de corruption, au discrédit de la monarchie, à la remise en question des restrictions appliquées à la population, au mécontentement dû à l’esclavagisme au travail qu’ont entraîné les dernières réformes, l’allongement de l’âge du départ à la retraite, la baisse du montant des pensions, etc. Les appels constants à défendre la Constitution doivent être compris comme une alerte pour mettre fin à cette véritable crise existentielle qui tenaille cet Etat. Le danger est que dans ce processus les comportements répressifs comme ceux auxquels on a assisté récemment dans plusieurs villes catalanes deviennent la norme. Ou pire.
Nous ne savons évidemment pas quel sens vont prendre les événements. Nos organisations resteront attentives à ce qui se passe, prêtes à défendre les intérêts des travailleurs. Nous nous opposerons de toutes nos forces à la répression et à la normalisation des comportements ultradroitiers, qui déjà se perçoivent. Nous ne nous laisserons évidemment pas non plus manipuler par les stratégies des partis politiques dont les objectifs nous sont étrangers. Dans le même temps, nous ne cesserons d’appuyer les mobilisations de la classe ouvrière quand celle-ci décidera que le moment est enfin venu de se défaire du diktat des élites politiques et économiques qui depuis trop longtemps gèrent le contrôle du territoire pour servir exclusivement leurs propres intérêts. En tant qu’organisations syndicales de classe, libertaires et combatives, nous serons présents dans la rue, dans les mobilisations, comme nous l’avons montré en de nombreuses occasions, contre la répression, les restrictions des droits et des libertés, et contre la corruption.
Il est possible que la crise en Catalogne soit le coup de grâce pour un modèle d’État qui agonise. Que ce changement s’oriente dans un sens ou dans un autre dépendra de notre capacité, en tant que classe, à faire prendre à ce processus la direction opposée à la répression et à l’essor des nationalismes. Ayons confiance en l’obtention d’un résultat final qui aille vers plus de libertés et de droits, et non le contraire. Nous jouons gros.
Pour les droits et les libertés ! Contre la répression des classes laborieuses !
Confederación general del trabajo, Solidaridad obrera,
Confederación nacional del trabajo.
(Traduction : Floréal Melgar)



Fédération Anarchiste en ville